Quand un artisan demande combien coûte un site internet, il reçoit des réponses qui vont de « c'est gratuit avec Wix » à « comptez 5 000 € minimum ». Les deux sont vraies dans leur contexte, et aucune n'aide à décider. Cet article donne des chiffres concrets, explique ce qui les fait varier, et surtout ce qui distingue une dépense utile d'une dépense perdue.

Les quatre façons d'avoir un site, et ce qu'elles coûtent vraiment

Le faire soi-même : 0 à 200 € par an

Wix, Squarespace, WordPress.com ou un constructeur d'hébergeur permettent de monter un site sans savoir coder. Le coût réel se situe entre 0 € (formule gratuite avec publicité et sous-domaine du type monentreprise.wixsite.com) et environ 200 € par an pour une formule correcte avec votre propre nom de domaine.

Ce qui est rarement chiffré, c'est le temps. Comptez entre 15 et 40 heures pour arriver à un résultat présentable si vous partez de zéro : structure, textes, photos, réglages, version mobile. À votre taux horaire, ça représente souvent bien plus que le prix d'un site fait par quelqu'un d'autre.

C'est une option valable si vous aimez ça, si vous avez du temps creux, et si votre besoin est simple. C'est une mauvaise option si vous comptez le faire « un dimanche » : la plupart des sites commencés comme ça restent inachevés pendant des mois.

Le freelance ou l'indépendant local : 300 à 2 000 €

C'est le segment où se situent la majorité des sites d'artisans. Pour une page unique bien construite, comptez 300 à 600 €. Pour un site vitrine de 3 à 5 pages avec une galerie de chantiers et un formulaire de devis, la fourchette habituelle va de 700 à 1 500 €. Au-delà, on entre dans du sur-mesure ou des fonctionnalités spécifiques.

À titre de repère, mes propres tarifs sont de 290 € pour une page unique, 790 € pour un site vitrine complet et 1 190 € avec formulaire de devis avancé et suivi des demandes.

L'agence web : 2 500 à 8 000 €

Une agence apporte une équipe : direction artistique, développement, parfois rédaction et photographie. C'est justifié quand le projet dépasse la simple vitrine — identité de marque complète, fonctionnalités spécifiques, campagnes publicitaires à piloter.

Pour un artisan seul qui veut être trouvé sur sa commune et recevoir des demandes de devis, c'est presque toujours surdimensionné. Vous payez une structure dont vous n'utiliserez pas 80 % des compétences.

La location de site : 30 à 60 € par mois, et c'est le piège

C'est l'offre qu'on vous propose au téléphone. Le discours est séduisant : pas d'investissement de départ, un site livré en quelques jours, tout compris.

Faites le calcul. À 49 € par mois sur un engagement de 48 mois, vous payez 2 352 €. Et au terme du contrat, dans la grande majorité de ces offres, vous ne possédez rien : ni le nom de domaine, ni le contenu, ni le site. Si vous arrêtez, tout disparaît et vous repartez de zéro.

Trois questions permettent de trancher n'importe quelle offre : le nom de domaine est-il déposé à mon nom ? Si j'arrête, est-ce que je pars avec le site ? Quel est le coût total sur toute la durée du contrat ?

Un prestataire honnête répond à ces trois questions par écrit, sans détour.

Ce qui fait vraiment varier le prix

Le nombre de pages compte moins qu'on ne le croit. Ce qui fait grimper un devis, dans l'ordre :

  • La production de contenu. Si vous fournissez vos textes et vos photos, le projet est plus rapide et moins cher. Si le prestataire doit tout rédiger et venir photographier vos chantiers, comptez plusieurs centaines d'euros de plus. C'est légitime : c'est du travail.
  • Les fonctionnalités. Un formulaire de contact simple est inclus partout. Un formulaire avec envoi de photos, un tableau de suivi des demandes, une prise de rendez-vous en ligne ou un espace client font monter le prix.
  • Le sur-mesure graphique. Un design entièrement dessiné pour vous coûte plus cher qu'une mise en page soignée mais construite sur des bases éprouvées. Pour un artisan, la différence de résultat commercial est généralement faible.
  • Le référencement. Une structure de base propre devrait être incluse par défaut. Un vrai travail de fond — audit, recherche de mots-clés, contenus, suivi mensuel — est une prestation à part entière.

Les frais récurrents, quels que soient le prestataire et la formule

Ils existent toujours et personne ne peut les supprimer :

  • Le nom de domaine : 10 à 15 € par an pour un `.fr`. Il doit impérativement être déposé à votre nom, pas à celui du prestataire.
  • L'hébergement : à partir d'environ 5 € par mois pour un site vitrine, soit 60 à 120 € par an. Un hébergement mutualisé chez un fournisseur sérieux suffit largement.

Ce qui n'est pas obligatoire, en revanche, c'est un abonnement de maintenance. Il est utile — sauvegardes, mises à jour de sécurité, petites modifications — mais il doit rester un choix. S'il est imposé, c'est le signe que vous ne possédez pas vraiment votre site.

Le vrai calcul : combien un chantier vous rapporte

Prenons un ordre de grandeur. Un site vitrine à 790 €, plus 100 € de frais annuels, revient à environ 890 € la première année et 100 € les suivantes.

Un seul chantier de rénovation électrique, une salle de bain, une terrasse ou un portail rembourse généralement l'ensemble. La question n'est donc pas « est-ce que 790 € c'est cher », mais « est-ce que ce site va me ramener au moins un chantier par an ». Si la réponse est non, aucun prix n'est justifié. Si la réponse est oui, l'investissement est largement rentable.

Cela dit, un site ne fait pas de miracle tout seul. Il fonctionne s'il est accompagné d'une fiche Google Business à jour et de quelques avis clients. C'est le trio qui produit des résultats, pas le site isolé.

Par quoi commencer si votre budget est serré

L'ordre le plus rentable n'est pas celui qu'on imagine.

  1. Créez votre fiche Google Business. C'est gratuit, ça prend une heure, et c'est ce qui vous rend visible le plus rapidement sur une recherche locale.
  2. Réservez votre nom de domaine, même sans site. Environ 12 € par an, et ça sécurise votre adresse pendant que le domaine prend de l'âge — ce qui compte pour Google.
  3. Demandez des avis à vos clients satisfaits. Cinq avis authentiques changent déjà la perception.
  4. Faites une page unique à quelques centaines d'euros, correctement construite.
  5. Agrandissez ensuite, quand vous avez des photos de chantiers et de la matière à publier.

Cette progression permet d'être visible dès le premier mois pour un coût quasi nul, puis d'investir dans le site une fois que les bases sont posées.

À retenir

Le prix seul ne dit rien. Ce qui compte, c'est ce que vous possédez à la fin : le nom de domaine à votre nom, le contenu, les accès à l'hébergement, et la liberté de partir quand vous voulez. Un site à 790 € que vous possédez vaut mieux qu'un site à 49 € par mois que vous louez pendant quatre ans.

Si vous voulez un avis sur votre situation précise — votre métier, votre commune, ce que font vos concurrents — le diagnostic est gratuit et je vous réponds même si nous ne travaillons pas ensemble. Vous pouvez aussi consulter le détail de mes tarifs ou la page dédiée aux sites vitrines pour artisans.